La marque personnelle, pas juste pour vous

La marque personnelle, pas juste pour vous

 
 « Ce qui vous rend unique fait votre succès » 
– William Arruda
 
 
La marque personnelle, pas juste pour vous
 
Travailler sa marque personnelle, en reconnaître l’importance, suscite souvent chez nos interlocuteurs, sinon de l’agacement, du moins un peu d’hésitation. Quoi ? Se vendre soi-même ? Et comme un produit qui plus est ? Beaucoup voient là un exercice assez égocentré dont le caractère apparemment superficiel les inquiète. Cette pudeur est légitime mais c’est aussi mal comprendre ce que signifie aujourd’hui une marque personnelle et le rôle qu’elle joue dans une économie tissée par des communautés animées par des relations bâties sur la confiance.
 
Il y a quelques semaines, Mark Bonchek et Cara France, dans un article de Harvard Business Review, en prenait explicitement acte. Une marque, c’est d’abord du lien et la valeur de ce lien repose en grande partie dans la confiance accordée à des personnes. Jayson DeMers, un an plus tôt, le soulignait déjà dans un article de Forbes. Qu’y a-t-il à retenir de ces deux textes, publiés à un an d’écart, mais désignant un même phénomène, hélas encore mal compris ?
 
Historiquement, les marques, signes de référence et vecteurs de réputation, se sont d’abord attachées aux produits qu’elles signaient. Puis, les discours publicitaires se sont progressivement détachés du seul produit pour vendre ce qui constituait alors l’essentiel d’une marque, son essence, c’est à dire l’idée qui la porte (le « storytelling »). Plus récemment, comprenant les limites de ce discours publicitaire, c’est plutôt sur l’incarnation concrète et pragmatique de l’idée, sur l’expérience même du client que se sont portés les efforts de communication de marque (le fameux « storydoing »). Le produit, l’idée, l’expérience : trois étapes.
 
Dans une époque marquée par une transparence grandissante, un nouveau stade d’évolution se dessine pour les marques. Ce que j’ai nommé dans une récente chronique pour Infopresse, la marque totalisante. Ce qui prime en effet désormais en termes de marque, c’est la force de lien que celle-ci représente. Un lien tissé avec le temps et fondé sur une relative confiance. Ce ne sont désormais plus vos seuls produits qui portent votre marque, le discours publicitaire qui y est attaché ou même l’expérience de consommation qu’ils procurent pour vos clients. Ce qui fait votre marque, de plus en plus, c’est le faisceau complexe de relations et d’interrelations entre votre organisation et de multiples partenaires dans un cadre toujours plus ouvert, où une grande partie de votre capacité à produire une valeur pérenne dépend de cette densité de collaboration et d’échange. 
 
En définitive, le premier porteur de votre marque aujourd’hui, ce sont les personnes, c’est à dire les femmes et les hommes, qui composent votre organisation. Travailler sa marque personnelle c’est donc aussi donner à son organisation, peu importe sa nature et sa taille, les moyens d’accroître son impact ou leadership en nourrissant la force et la qualité des relations qui se forment, il faut en être conscient et le rappeler, non entre des entités organisationnelles mais bien entre des personnes de chair et d’os. On est ici bien loin d’un simple caprice narcissique !
 

Pierre BALLOFFET, professeur agrégé à HEC Montréal, associé universitaire au sein de l'équipe Éminence.

 
Références :
Forbes - Harvard Business Review
 

Nous vous proposons cette semaine un article qui met en exergue le branding personnel habilement réfléchi et soigneusement appliqué de la part des équipes d'Hillary Clinton et de Donald Trump.
 

 

Crédit photo :  | Vanessa Elle

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